Underwater Hockey


Origine : 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 Angleterre

Création : Années 1950

Fédération Internationale : Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques (CMAS)

Nombre de Participants : 2 équipes de 6 joueurs

Catégories : Autres, Par équipe


Le Concept

L’Underwater Hockey (ou Octopush au Royaume-Uni) est un sport collectif aquatique à contact limité dans lequel deux équipes de six joueurs s’affrontent au fond d’une piscine. Équipés d’un masque, d’un tuba, de palmes et d’un gant épais, les joueurs doivent propulser un palet de plomb enrobé de plastique dans le but adverse à l’aide d’une petite crosse (la « pusher »), en retenant leur souffle pour plonger.

Le terrain est une piscine de 25 × 15 m, entre 2 et 4 m de profondeur. Les buts (les « gulleys ») sont des gouttières métalliques de 3 m de large placées au fond de chaque extrémité. Un match se joue en deux mi-temps de 15 minutes (pouvant aller jusqu’à 20 min en championnat du monde), avec 3 minutes de pause.

Le contact avec la main libre est interdit, de même que le hors-jeu, l’obstruction et le fait de porter le palet sur la crosse. Deux arbitres en immersion (masque et palmes) sifflent les fautes en surface via un signal transmis à un arbitre de bord de bassin. Les sanctions vont du palet libre (avantage de 3 m) à l’expulsion temporaire (1 ou 2 min) ou définitive. Une faute stoppant un but certain à moins de 3 m du but est sanctionnée par un penalty en 2 contre 1.

Un peu d’histoire

Le sport est né à Portsmouth, en Angleterre, en 1954, lorsqu’Alan Blake, fondateur du tout nouveau Southsea Sub-Aqua Club, inventa un jeu qu’il appela « Octopush » pour garder ses membres actifs et motivés pendant les froids mois d’hiver, quand la plongée en eau libre perdait de son attrait.

Le nom du sport tournait entièrement autour du mot « pieuvre » (octopus). Le nombre de joueurs devait être huit pour correspondre au préfixe « octo-« . Les crosses furent appelées « pushers » car c’était l’action recherchée — pousser — et le palet fut nommé « squid » (calmar) pour ancrer le jeu dans l’univers marin. Bien que la dénomination « Underwater Hockey » se soit imposée à l’international, le terme « Octopush » reste toujours utilisé au Royaume-Uni.

En Amérique, le sport est arrivé au Canada en 1962 grâce à Norm Leibeck, un instructeur de plongée australien atypique, qui l’introduisit dans un club de plongée de Vancouver. Dix ans plus tard, l’Underwater Hockey Association of British Columbia fut fondée. En Australie, les premiers championnats nationaux eurent lieu dès 1975.

La première Coupe du monde, prévue initialement en 1979, fut reportée à 1980 à Vancouver en raison de complications politiques liées à l’apartheid et à l’invitation d’une équipe sud-africaine.

Le Championnat du monde 2006 à Sheffield, en Angleterre, établit un record avec 44 équipes représentant 17 pays, réparties en six catégories d’âge et de genre. Aujourd’hui, la Nouvelle-Zélande et l’Australie dominent le circuit élite mondial.

Comment Pratiquer ?

L’Underwater Hockey se pratique dans toute piscine de profondeur suffisante (2 à 4 m). Les clubs affiliés à la CMAS accueillent les débutants et fournissent généralement l’équipement de base pour les premières séances.

L’équipement individuel comprend sept éléments :

  • Un masque de plongée (plus large qu’un masque de natation, pour meilleure vision)
  • Un tuba (snorkel) — les joueurs ne plongent qu’en apnée, sans bouteille
  • De grandes palmes pour la propulsion sous-marine
  • Un gant épais en latex (protection contre le fond de la piscine et le palet)
  • Une crosse courte en plastique ou en bois (15 à 35 cm)
  • Un palet de plomb enrobé de plastique (~1,5 kg)
  • Un protège-oreilles et un protège-dents (obligatoires en compétition)

La CMAS fédère les clubs dans plus de 36 pays. En France, la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM) encadre la pratique. Le sport est particulièrement répandu en Nouvelle-Zélande, où il est aussi populaire dans les lycées que le football américain ou le baseball aux États-Unis.

Principales Compétitions

Le Championnat du monde CMAS est organisé tous les deux ans depuis 1980. Il comprend plusieurs catégories : élite hommes/femmes, masters (hommes 35+, femmes 32+), U-24 et U-19.

ÉDITIONCHAMPION HOMMESCHAMPION FEMMES
1980 — Vancouver🇦🇺 AustraliePas de catégorie
1988 — Amersfoort🇬🇧 Royaume-Uni🇦🇺 Australie
2000 — Amersfoort🇦🇺 Australie🇦🇺 Australie
2006 — Sheffield🇦🇺 Australie🇦🇺 Australie
2015 — Dubaï🇳🇿 Nouvelle-Zélande🇦🇺 Australie
2023 — Mersin🇳🇿 Nouvelle-Zélande🇦🇺 Australie
  • Championnat d’Europe CMAS : organisé tous les deux ans en alternance avec le Mondial, sur années impaires.
  • Tri-Nations Cup : compétition biennale opposant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud — les trois nations historiques du sport.
  • Championnat du monde junior (U-19) : inauguré en 1992, organisé sur années impaires depuis 2016, avec une édition exceptionnelle reformatée en « Coupe du monde » en 2022 au retour du COVID.

Au niveau élite actuel, la Nouvelle-Zélande est championne du monde en titre chez les hommes et l’Australie chez les femmes. En catégorie masters, les États-Unis dominent chez les hommes et la France chez les femmes.

Apparitions Médiatiques

  • Des images d’un match à l’Aldershot Lido datant de 1967 ont été conservées par British Pathé, témoignant de l’évolution rapide du matériel et du style de jeu dès les premières décennies.
  • Le Championnat du monde 2006 de Sheffield fut l’un des premiers à proposer des retransmissions vidéo en direct sur grand écran en bord de bassin, initiant la réflexion sur le format spectateur du sport.
  • Le sport a été mentionné dans plusieurs listes médiatiques de « sports les plus insolites au monde », notamment par la BBC et le Guardian, qui soulignent régulièrement sa dimension tactique et sa difficulté de retransmission télévisée.
  • Un court-métrage documentaire néo-zélandais (« Flippered and Finned ») a retracé la montée en puissance des équipes de Nouvelle-Zélande dans les années 2010, diffusé sur les réseaux de plongée internationaux.
  • La CMAS pousse activement vers une intégration aux World Aquatics Championships et explore une candidature pour les Jeux Mondiaux (World Games), où d’autres disciplines subaquatiques figurent déjà.
  • Une version encore plus extrême du sport existe : l’Underwater Ice Hockey, joué sous la surface d’un lac gelé, considéré comme un sport extrême mineur en raison des risques d’hypothermie, de gelures et d’asphyxie.